Newsletter #1 2016

   
 

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La Roche Bluegrass Workshop 2016 : dernières nouvelles.

 

Du 2 au 4 Août 2016 à La Roche sur Foron 74800 avec un accueil dès le lundi 1er août dans l’après-midi. C’est un stage à temps complet en internat qui se déroule de 9h00 du matin à 19h00 avec une coupure pour le repas de midi. Un large temps est réservé aux jams après le repas du soir jusqu’au bout de la nuit ! Le logement a lieu quasiment sur le lieu du stage.

 

Je suis très heureux de vous présenter la liste mise à jour des enseignants du stage 2016 :

 

Rob Ickes (dobro)

Trey Hensley (Chant/guitare)

Mark Morris(guitare/vocals

Kyle James Hauser (banjo)

Alex Johnstone (mandoline)

Coleman Smith (violon)

Carl Meinecke (contrebasse)

Mary Reynaud (chant)

Mathilde Cousin (chant)

Pierre-Yves Lechat (banjo)

Dorian Ricaux (mandoline/guitare)

Raphaël Maillet (violon)

Philippe Checa (band labs/guitare)

Jimmy Josse (guitare rythmique)

Gérard Vandestoke (contrebasse)

Pierre Bastide (dobro/slow jam/banjo)

 

Il reste encore des places pour tous les ateliers mais il est conseillé de se pré-inscrire en envoyant un email à workshopbluegrass@gmail.com et de consulter régulièrement le site http://www.larochebluegrassworkshop.wordpress.com pour bien suivre le déroulement des opérations. Il y’a 95 pré-inscrits actuellement et la limite sera autour de 110 avec une liste d’attente.

 

Voici les tarifs pour cette année :

 

Droit d’inscription stage adultes : 150 €

Droit d’inscription stage moins de 16 ans : 120 €

Droit d’inscription stage dobro Premium Rob Ickes : 180 €

Hébergement : 75 € pour 3 nuits en pension complète

Repas sans hébergement : 7.50 € par repas midi ou soir

Hébergement supplémentaire « After Workshop » spécial stagiaires pour suivre le festival : 10 € par nuit avec petit déjeuner compris

 

Cette session 2016 s’annonce grandiose alors il ne faut pas manquer ça !

 

Pierre Bastide

Improviser ?

Pierre Bastide« Ni Métaphore, ni Métonymie #3… »



Parler de la musique d’un point de vue purement sensitivement émotionnel me paraît réduire notre pratique de jam session à ce qu’elIe est : un faisceau d’aspirations et de désirs s’apparentant plus à l’individuel dans une situation collective qu’à un collectif favorisant les aspirations individuelles.

Si je me rapporte à la nouvelle édition du livre de Jacques Attali – « Bruits » -, la musique ne peut se réduire à un ou des langages mais se positionne plutôt dans le champ du discours ! Ceci implique une notion de liberté, d‘écart par rapport au langage et exclus le rapport servile à l’imitation.
Discourir n’est pas non plus pérorer :

Il s’agit d’échanger – peut-être dans des rapports de pouvoir ! – autour d’un

corpus commun en laissant place à un dispositif d’associations libres qui

pourrait se nommer : improvisation pour certains, compositions instantanées pour d’autres :
Le respect d’un minimum de règles :

• Respect de la grille du thème, 

• Rigueur rythmique, 

• Modulation du son,

Permet à tout un chacun de trouver sa place en fonction de la manière dont il intériorise son rapport à la musique essentiellement au travers la notion assez floue de niveau. Ce respect qui devrait être mutuel ne signifie pas qu‘iI devrait s‘agir de positions égalitaires au travers les échanges musicaux en cause mais vraisemblablement de positions équitables : tout le monde n’a pas

droit à une position de leadership mais tout le monde peut le faire à partir du moment où non seulement il veut le faire, mais aussi où il peut le faire.
En deux mots, il s’agit d’accompagner et d’être accompagné. Il s’agit de désir. 
Respecter les autres afin d’être aussi respecté ; on pourrait dire ne pas se laisser submerger par son désir de faire de la musique mais d’être un être conscient dans un courant musical qui est, par essence même, en total déroulement, tout à fait aporique et jamais semblable.
Jacques Bril dans son livre « A cordes et à cris ›› met l’accent sur le fait que l’instrument que nous avons choisi – ou bien est-ce lui qui nous choisit ? – est un objet qui a aussi une position métaphoro-métonymique. Chaque instrument – voix y compris – se pose dans un courant historique, sociologique, organologique, agiographique, etc… qui le marque et marque l’instrumentiste qui le pratique.

Il n’y a jamais de hasard dans le choix instrumental mais un résonance par rapport à sa propre histoire dans un faisceau de non-dits qui s’iI est accepté et travaillé dans son abord inconscient amène à un plaisir non seulement de la possession de l’instrument mais aussi au discours que cet instrument sous-tend ou qui est sous-tendu par cet instrument;

C’est selon… Ne pas accepté cela, c’est ne pas souhaité être accompagné et éventuellement ne s’adonner qu’au jeu solitaire même au milieu d’autres !

Même le bluegrass, ce blues du petit blanc, ne peut l’ignorer : plus son

code est stricte, plus il devra évoluer sinon sa forme même –«  dans son

acceptation musicologique ›› – s’éteindra. Sa survie est liée à cela.

En effet pour ouvrir la voie à une redécouverte – « un revival » -, il faut avoir fait suffisamment évoluer la forme pour qu’elIe en génère une autre et permettre une redécouverte dans un de ces aller-retours rigoristes dont

le monde musical a le secret. Il faut aussi accepter qu’une musique «jouée ›› même si elle est écrite, ne peut jamais être la même : elle est toujours rejouée et interprétée.

Ouvrir à d’autres sous-discours le discours musical est dans l’essence de ce qui fait la musique : un art de l’éphémère, qui même figé par une écriture ne peut qu‘être dans une dynamique que certains ont décrit comme fusionnelle et répétitive, mais de toute façon évolutive.

Afin d’ilIustrer ce propos, je me suis appuyé sur les disques suivants :

Watson, Grisman, Lawrence : « ln Concert », C.Haden & R Metheny :

« Beyond the Missouri Sky ›› et Joel Harrison : «  Free Country ››.

L‘essai théorique ne décrit pas, ni ne raconte, ni ne démontre… Il ne peut

malheureusement – qu’induire.

Pierre Bastide (©2016)